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Digestion pour des fins de repas allégées

  ayurvana   08/03/2019

Pour être bien, il ne faut pas « trop » manger… C’est vrai, mais ce n’est pas si évident. En Occident la nourriture occupe une place centrale dans notre mode de vie et il peut même être mal vu de ne pas se resservir à table ! Dans ces conditions, l’excès de chair pèse sur l’organisme, alors autant apprendre à bien digérer avec l’Ayurveda pour transformer les fins de repas en promenade de santé…

La digestion est un processus complet à l’intérieur de notre corps. Elle commence quand un aliment franchit nos lèvres et se termine quand il est évacué par les selles ; pour notre système digestif, c’est tout un cheminement ! Il va devoir « cuire » la nourriture puis la transformer en une matière qui peut être absorbée par notre organisme. Et c’est vital… L’alimentation a une importance telle qu’elle aurait fait dire à Hippocrate:« que ta nourriture soit ton médicament ».
En effet, ce que nous mangeons et la manière dont nous le digérons va conditionner notre santé physique, mentale et même notre beauté. Quelques exemples peuvent nous venir à l’esprit comme un excès de chocolat qui déclenche une peau plus grasse assortie parfois de boutons, ou un repas à base de chou qui produira des selles odorantes… A l’inverse une alimentation équilibrée et bien choisie stimule la vitalité et un teint radieux.


Pourquoi l’aliment est-il si important ?

Le choix de ce que nous mangeons conditionne ce que nous sommes et ce que nous faisons. Certains individus en sont conscients, d’autres non. Les sportifs par exemple, adoptent un régime hyper protéiné pour leur pratique. De leur côté, les méditerranéens cultivent leur goût pour l’huile d’olive, autant pour sa saveur que pour ses vertus. Cette façon de se nourrir en pleine conscience est totalement ayurvédique... Mais au quotidien, difficile de s’en tenir à ça et surtout de faire des petits plats variés !
Or chaque aliment naturel présente un intérêt nutritionnel, c’est-à-dire une substance utile au fonctionnement de notre corps. Ce sont les omega-3 dans les poissons, les vitamines dans les oranges, le collagène dans certaines huiles, etc…
Une fois que l’aliment a été choisi puis préparé pour être mangé, le parcours qu’il suivra dans le corps le rendra profitable pour l’organisme (ou pas). En effet, selon l’Ayurveda, un aliment doit être de bonne qualité et bien absorbé pour produire des cellules et des tissus sains. Un verre d’alcool assorti d’un paquet de chips n’apportera rien à votre organisme !


Mâcher pour bien digérer

La digestion à l’intérieur du corps démarre dans la bouche. La nourriture stimule les papilles et les récepteurs olfactifs. Ces perceptions, via le cerveau, influencent la qualité et la quantité de sucs digestifs (agni ou le feu digestif) sécrétés dans l’estomac et l’intestin grêle.
Le broyage des aliments commence par la mastication qui les mélange à la salive. Plus une bouchée est liquide quand elle est avalée, mieux c’est, d’où l’importance de mâcher longuement. Parfois plusieurs minutes ! Les particules deviennent alors extrêmement petites, ce qui permettra aux sucs digestifs d’agir plus efficacement.
Une fois que cette nourriture bien mâchée parvient dans l’estomac, celui-ci la mélange aux enzymes digestifs et à l’acide chlorhydrique qui a la capacité de brûler (c’est le siège d’agni, notre feu digestif !).
L’intestin prend ensuite le relais et produit la bile qui prépare les aliments pour l’absorption. Le côlon continue le processus d’absorption, notamment de l’eau, du calcium et des autres minéraux.
Enfin l’élimination des déchets dans les selles est la dernière étape, celle qui permet aussi de vider le « réservoir » et de provoquer la faim pour recommencer le processus.
Vous l’aurez compris, notre culture occidentale consistant à engloutir un plat sur un coin de table, parfois sans même prêter attention à ce que nous mangeons, va rendre la mission du système digestif compliquée. Et comme on sait que mâcher accélère la satiété, engloutir provoque un sentiment d’insatisfaction.


Manger selon l’Ayurveda

Suivre les recommandations de l’Ayurveda en matière d’alimentation est sûrement ce qu’il y a de plus facile pour être certain de ne pas se tromper !
En effet, la base de la nourriture ayurvédique est de manger uniquement ce qui se trouve dans la nature. Et bien entendu de le préparer de manière à le rendre gourmand grâce à des épices, des aromates et à un soin particulier accordé à la cuisson.


Mauvaise digestion

Une mauvaise digestion se remarque très vite. Gaz, flatulences, mauvaise haleine, sensations de lourdeurs et affaiblissement sont en général les signes les plus distinctifs.
Selon l’Ayurveda, c’est l’accumulation de déchets, c’est-à-dire de particules alimentaires non digérées qui provoque cet engorgement. Et celui-ci s’appelle « Ama ». C’est un terme qui se rencontre beaucoup en Ayurveda parce que trop d’ama bloque le fonctionnement du feu digestif (Agni) : une mauvaise digestion entraîne de nombreuses conséquences sur l’organisme. C’est donc une étape à ne pas négliger !
Pour résoudre ces désagréments, l’Ayurveda met en place des soins «anti-ama» et notamment un processus de purification pendant lequel les toxines sont libérées et évacuées. Il peut être effectué avec un nettoyage intestinal, un jeûne et grâce à la stimulation d’agni, le feu digestif.

1-Le nettoyage intestinal Le nettoyage intestinal est une forme de détoxification qui peut être associée au jeûne ou pratiquée seule. En Ayurveda, les purgatifs font partie des approches de nettoyage, pour remettre « l’organisme à zéro». Vous pouvez utiliser les purgatifs en cures régulières ou en cas de constipation. Ils sont à éviter en cas de diarrhées.
Alors qu’en Occident, le réflexe naturel pour fluidifier l’évacuation des selles peut être le pruneau, l’Ayurveda lui préfère le triphala. Cette formule est composée de trois fruits d’arbres tropicaux appelés les prunes de myrobalan : haritaki, amalaki et bibhitaki. Ce sont les végétaux les plus tonifiants et sans effets secondaires de l’Ayurveda. Non seulement le triphala débarrasse l’intestin de toutes les toxines, mais il augmente également le feu digestif ! Pour un nettoyage interne complet de l’estomac et du côlon, il est recommandé de prendre le triphala avec des épices digestives telles que l’association de poivre long, poivre noir et gingembre, que l’on retrouve sous l’appellation trikatu*.

2- Le jeûne Pour aider à relancer la digestion, le jeûne peut jouer un rôle important… Attention, il ne s’agit pas de se priver totalement de nutriments, surtout pour ceux qui ne sont pas habitués à cette pratique, mais d’effectuer un nettoyage de l’organisme en douceur en limitant l’apport d’aliments. Une personne dont le dosha dominant est Vata le suivra pendant 3 à 5 jours, alors que Pitta et Kapha pourront prolonger jusqu’à 10 jours.
Pour éviter les carences, le jeûne doit être effectué en limitant l’alimentation aux infusions et aux jus de légumes. Autant que possible, ne buvez pas de jus de fruits qui eux, sollicitent trop le système digestif. Arrêtez votre jeûne dès que l’appétit revient et remettez alors des légumes au menu. Idéalement crus dans un premier temps puis cuits avec des épices pour faciliter leur digestion.

3- Ama et agni En Ayurveda, le trikatu est le stimulant naturel d’agni. Nous l’avons vu, ama est l’accumulation de toxines. Agni est son opposé, c’est le « feu digestif », celui qui permet d’éliminer les toxines et de stimuler la digestion.
Agni va donc devoir être stimulé et pour cela les plantes les plus efficaces sont les épices telles que le piment de Cayenne*, le poivre noir* ou le gingembre. Mais le mieux pour permettre de « brûler » les aliments et donc de digérer, c’est le trikatu. Ce complexe d’épices permet de stimuler simplement le système digestif. En cas d’excès par exemple, comme notre « feu » va brûler plus fort grâce au trikatu qui servira de combustible, les aliments seront mieux digérés.
Attention, avis aux gourmands : si le trikatu peut être une solution régulière, il ne permet pas de manger tous les jours au point de devoir détacher la ceinture de son pantalon !


Déclencheur de la mauvaise digestion

Sauf cas exceptionnels, nous devons rester lucides : en Ayurveda comme dans la médecine occidentale, si nous avons une mauvaise digestion, c’est soit que nous avons fait des excès, soit que nos choix alimentaires au quotidien ne nous conviennent pas.
Pour éviter de produire trop d’ama, il vaut donc mieux privilégier les fruits, les légumes et les céréales complètes. Les noix et les graines doivent être grignotées en quantité limitée. Evitez les boissons froides et particulièrement les glaçons.


En cas de constipation

En plus du réflexe triphala (association de trois baies, l’amalaki, le bibhitaki, l’haritaki), il existe quelques astuces pour fluidifier le transit. Aux toilettes, surélevez vos jambes car la meilleure position pour évacuer les selles est accroupie. Buvez un verre d’eau tiède pour stimuler le réflexe gastro-intestinal. Pratiquez un massage du ventre pour aider à stimuler le travail de vos organes internes.
Enfin habituez votre côlon à une élimination régulière. Même si vous n’avez pas envie, passez tous les matins aux toilettes, sensiblement à la même heure.


En cas de diarrhée

Si vos selles sont extrêmement liquides, c’est qu’il y a un excès d’acidité dans votre organisme. Evitez donc les aliments acides tels que le citron et plus généralement tous les agrumes, les yaourts, les fromages et les vinaigres. Evitez aussi les épices fortes. Enfin consommez du boswellia serrata et du curcuma pour réguler votre transit.


Remise à plat du système digestif

Une alimentation allégée, plutôt végétale et fraîche et un transit fluidifié vous permettront déjà de retrouver une digestion plus facile et surtout bien plus profitable pour le corps !
Ayez toujours en tête que ce qu’on appelle « problème digestif » est souvent le résultat de ce que nous imposons à notre organisme en amont !


Agni ou le feu digestif


En Ayurveda, le mécanisme de digestion est symbolisé par un feu. Il doit « brûler » convenablement et rester toujours en activité, sans être ni trop fort, ni trop faible. Ce feu qu’on appelle Agni est un concept unique et propre à l’Ayurveda.


L’impact des déchets non digérés sur les doshas


L’accumulation de déchets non digérés provoque l’ama qui a des effets différents selon votre dosha dominant.
Pour Vata, cela se traduit par un état d’indigestion accompagné de distension abdominale, de flatulences et de constipation.
Une accumulation d’ama pour Pitta se traduit par un état d’indigestion, hyperacidité et de diarrhées accompagnées de fièvre ou de toxicité sanguine.
Une accumulation d’ama pour Kapha se traduit par un état d’indigestion et de constipation accompagnés d’une difficile expectoration du mucus épais.


VOTRE PROFIL DIGESTIF

Ma digestion est bonne si :
□ Je déborde de vitalité
□ Mon ventre est plat
□ J’ai un transit régulier et des selles bien formées
□ Mon haleine est neutre
□ J’ai une langue légère
□ Ma peau est lumineuse
□ J’ai une sensation de légèreté après le repas
□ Mon appétit est régulier et constant
□ Je n’ai pas de ballonnement, ni de gaz

Ma digestion est mauvaise si :
□ Je ressens de l’acidité/des reflux gastriques
□ J’ai des ballonnements/une distension de l’abdomen
□ J’ai des gaz/des spasmes intestinaux
□ J’ai des nausées/je vomis
□ Je suis fatigué après le repas
□ Je souffre de fatigue chronique
□ Je subis constipation ou diarrhée
□ J’ai une mauvaise haleine
□ Je fais une crise de foie
□ J’ai une langue chargée
□ J’ai un appétit irrégulier à faible
□ Ma peau est terne et blafarde

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