Sur les routes du Rajasthan

Sur les routes du Rajasthan

"Cet automne, ma fille Marie-Charlotte et moi-même sommes partis en Inde à la rencontre de producteurs de plantes.
Chaque jour passé au pays de la vache sacrée comporte son lot de surprises, même lorsque la journée s'annonce ordinaire."

Jean-Marc Réa


Le taxi devrait déjà être là. Levés depuis 6 heures 30 pour un départ à 8 heures, nous ne savons pas combien de temps il nous faudra pour rejoindre « Singoli », notre nouvelle destination. Les avis varient, en fonction des travaux annoncés, de l’état supposé de la route ou encore de l’itinéraire à suivre. Personne ne s’accorde sur rien et selon toute vraisemblance 4 à 6 heures de route nous attendent. en partant à 8 heures du matin, nous devrions arriver pour le début d’après-midi au plus tard. Oui mais voilà, il est déjà 9 heures et toujours pas de taxi. Nos réclamations auprès de la réception de l’hôtel qui s’est chargée de la réservation n’y font rien et comme chacun sait, la ponctualité n’est pas une spécialité locale.

Notre « super driver » arrive enfin à 9H30, il est tout sourire et pour toute excuse nous explique qu’il est allé faire le plein d’essence. Puis il commence à palabrer avec le portier de l’hôtel et un bagagiste pour savoir quel chemin il doit prendre. de toute évidence, il ne sait pas où il va et nous y allons avec lui. Lorsqu’enfin nous quittons l’hôtel il est 10 heures passées et une longue route nous attend de Jaipur à Singoli : plus de 300 km sur les chemins incertains du rajasthan.

Les villes et les villages se succèdent et les gens bien qu’ils semblent très pauvres sont joyeux et empreints de bonne humeur. Les paysages sont magnifiques et une nature généreuse nous surprend à chaque instant.

Le voyage s’éternise, notre chauffeur s’arrête régulièrement pour demander son chemin.

Et puis il y a cette relation avec les animaux, hommes et bêtes semblent vivre en bonne intelligenceLes chiens errants n’aboient presque jamais et personne ne songe à les frapper.

Cela fait presque 8 heures que nous avons quitté Jaipur et à chaque ville ou village notre chauffeur nous assure que l’agglomération suivante est notre destination.

Nous remontons dans notre taxi qui nous conduit cahincaha à un baraquement où nous attendent plus d’une cinquantaine de personnes. La plupart sont de jeunes hommes dont le visage est éclairé par un large sourire. Nous sommes entourés et observés avec curiosité, mais à aucun moment nous ne nous sentons menacés, même lorsque je suis contraint de sortir une liasse de roupies devant tout le monde pour payer le taxi.

Lorsqu’enfin nous pénétrons dans Singoli, nous apercevons deux jeunes hommes aux aguets. ils nous attendent depuis le début de l’après-midi. L’un d’eux est Shailendra, notre interlocuteur depuis la France. Ce qui me frappe immédiatement, c’est son jeune âge. il m’apprendra plus tard qu’il a 23 ans et qu’à la sortie d’une école de commerce, c’est lui qui a organisé la certification bio du groupement d’exploitations agricoles que nous allons visiter.

Il va bientôt faire nuit, Shailendra et son équipe veulent nous montrer leurs plantations. Nous laissons là nos bagages, gardés par la communauté. Lorsque je demande au jeune homme s’il n’y a pas de problème à laisser ainsi toutes nos affaires, il éclate de rire, tant la question lui semble incongrue.Nous visitons au pas de charge les champs d’amla et lorsque nous revenons, nous nous apercevons que nous sommes attendus pour dîner. Nous le savons déjà : la nuit qui va suivre sera longue et comme toujours en inde pleine d’imprévus.Je ne manquerai pas de vous raconter tout ça une prochaine fois.

Nous sommes entraînés vers le bureau de Shailendra, qui doit faire douze mètres carrés et dans lequel on ne pourra pas pénétrer tant il y a de monde. Nous sommes de toute évidence l’attraction à ne pas manquer.

Nous en profitons pour multiplier les rencontres avec la population et prendre des photographies.

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