Au pays de l'imprévu

Au pays de l'imprévu

"Cet automne, ma fille Marie-Charlotte et moi-même sommes partis en Inde à la rencontre de producteurs de plantes.
Chaque jour passé au pays de la vache sacrée comporte son lot de surprises, même lorsque la journée s'annonce ordinaire."

Jean-Marc Réa


Jean-Marc REA

Nous étions en Inde depuis une semaine et le voyage se déroulait à toute vitesse. Depuis notre arrivée à New Delhi pas de temps pour flâner ou s’écarter de notre planning. Les rendez-vous minutieusement programmés depuis Paris prévoyaient la rencontre d’un grand nombre de producteurs de plantes et ce voyage nous conduisait chaque jour dans une ville différente.

" Tous ceux qui ont voyagé dans ce grand pays vous le diront : l’Inde c’est plein d’imprévus et nous allions pouvoir le vérifier. "

Ne sachant par où commencer notre visite du salon, nous avons interrogé la première personne qui passait près de nous. Nos questions ont dû l’intriguer car elle nous a très vite dirigés vers un responsable. Ce dernier nous a écouté en oscillant la tête de gauche à droite, comme seul savent si bien le faire les indiens lorsqu’ils ne sont pas sûrs de la réponse à donner. Il a dû se dire que nous étions des personnes importantes pour venir de si loin et il a décidé de nous conduire au conseiller du Ministre, ni plus ni moins. Sitôt étions-nous présentés à cet homme élégant et à la stature imposante, qu’il nous entrainait de stand en stand et nous présentait les uns après les autres une sélection d’exposants.

Devant l’un de ces stands notre conseiller m’a tendu un flacon de poudre de plante en m’indiquant qu’ils’agissait de Triphala. De toute évidence notre interlocuteur était plus un homme de pouvoir qu’un « phytophile »,car je connais bien le Triphala, il se compose d’un fruit, l’Amalaki, communément désigné sous le nom d’Amlaet de deux baies, le bibhitaki et l’haritaki, que l’on trouve souvent à l’état sauvage dans les forêts indiennes. Il était impossible que cette poudre blanchâtre en soit, elle n’en avait ni la couleur, ni le goût, ni l’odeur. Il s’agissait plutôt selon moi de Shatavari, une asperge locale préconisée comme aphrodisiaque féminin et dont le nom un rien provocateur signifie « celle qui a cent maris ».

Mais ce jour-là, nous avions la possibilité de souffler car notre journée devait se résumer à la visite du salon « Herbal Fair » à Bhopal, ville dans laquelle nous avions atterri la veille au soir. Cette manifestation était consacrée au « Commerce Equitable » et l’invité d’honneur qui devait clôturer la manifestation était le ministre de l’agriculture et des forêts du Madhya Pradesh, état Indien dans lequel se trouve Bhopal.

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