Le commerce équitable en Inde

Le commerce équitable en Inde


Bangalore est une ville pleine de charmes située au sud de l’Inde, plus précisément dans l’Etat du Kamataka dont elle est la capitale. Construite autour d’un fort bâti en 1537 elle compte pas moins de 8,5 millions d’habitants. Nous avons eu l’occasion de découvrir cette cité lors du salon « Biofach » qui se tenait du 29 Novembre au 1er Décembre 2012. En Asie, c’est l’un des grands rendez-vous internationaux du commerce des plantes et épices bio.

Nous avons discuté avec de nombreuses organisations et je me souviens tout particulièrement de l’une d’entre elles dont la spécificité était de labelliser des produits issus de la cueillette en forêt. La démarche me semblait intéressante, mais malheureusement, de retour en France nos interlocuteurs ne répondaient plus à nos mails et appels téléphoniques.

La question est de savoir comment faire évoluer favorablement le revenu des producteurs, tout en n’augmentant pas de façon disproportionnée les prix de vente aux consommateurs. La difficulté vient du fait que la monnaie Indienne, la Roupie, a un taux de change très variable. De plus, les coûts de transports sont indexés sur les prix de l’énergie et comme toujours en agriculture les récoltes sont incertaines.

Depuis ces dernières années, lors de ce salon, la question du commerce équitable est dans toutes les têtes et après la labellisation du café et du thé, de nombreuses organisations se sont créées et tentent d’imposer leurs normes et labels pour des productions beaucoup plus confidentielles comme l’Amalaki ou le Shatavari, mais aussi pour des baies ramassées dans les forêts à l’exemple du Bibhitaki et de l’Haritaki utilisées pour la préparation du Triphala.

La démarche « commerce équitable » n’est pas dépourvue d’intérêts, à condition qu’elle soit avant tout bénéfique pour les petits producteurs et non pas une usine à gaz génératrice de coûts supplémentaires et donc de prix plus élevés pour les consommateurs sans pour autant apporter une quelconque amélioration aux conditions de vie de ceux qui travaillent la terre.

Dès nos premiers contacts avec les organisateurs de ces nouveaux labels nous avons compris que les choses n’allaient pas se passer facilement. Ils revendiquent tous une légitimité difficile à vérifier et commencent par demander des milliers d’euros sans expliquer ce qu’ils vont garantir aux producteurs.

Nous en avons longuement discuté avec nos partenaires Indiens avec qui nous avons réussi à créer au fil du temps de véritables liens de confiance. Il nous paraît à présent évident que seules les organisations à dimension humaine peuvent appréhender correctement la vie sur le terrain et par conséquent réagir au coup par coup plutôt que selon des règles mathématiques et immuables. Cette démarche qui privilégie la proximité nous semble être la bonne et c’est celle que nous avons commencé à emprunter depuis ces derniers mois.

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